Une photo peut devenir un petit film. Mais si le visage change au point de ne plus reconnaître la personne, le mouvement a pris trop de place. Pour moi, la ressemblance reste le point de départ, pas une option à vérifier après les effets.
Une présence plutôt qu’une performance
Je crée des animations et j’administre le groupe Facebook Animations Photos. Ce qui m’intéresse dans cet univers, c’est la possibilité de donner une autre présence à une image. Cela peut tenir à très peu : un regard, un léger mouvement, une atmosphère qui s’installe.
Il n’est pas nécessaire de faire marcher, parler et sourire tout le monde. Une photographie possède déjà sa force. L’animation devrait aider à la regarder, pas la remplacer par une scène qui n’a plus grand-chose à voir avec elle.
Garder un regard exigeant
Les outils peuvent produire une séquence séduisante et modifier au passage une bouche, un âge ou une expression. C’est précisément là que le choix humain compte. Je ne considère pas qu’un résultat est juste simplement parce qu’il bouge de façon convaincante.
J’accorde aussi de l’importance à la distinction entre l’image d’origine et ce que l’animation propose. Un geste ajouté reste une interprétation ; ce n’est pas un souvenir retrouvé.
Une belle animation peut être discrète. Si l’on regarde d’abord la personne et seulement ensuite la technique, c’est déjà une direction qui me plaît.